Le syndicalisme

Le syndicalisme est le mouvement qui vise à unifier au sein de groupes sociaux, les syndicats, des professionnels pour défendre des intérêts collectifs (hausse des salaires, meilleures conditions de travail, baisse du temps de travail, lutte contre le licenciement,etc., pour les travailleurs). Le syndicalisme désigne également l’action militante qui cherche à poursuivre les buts d’un syndicat.

Pour des raisons historiques, le terme « syndicalisme » s’applique, dans son sens le plus courant, à l’action au sein des syndicats de salariés, et par extension, à celle des organisations syndicales étudiantes, lycéennes et professionnelles.

Le syndicalisme en France

Le syndicalisme s’inscrit dans la lignée des groupements corporatifs (métiers, compagnonnage…) des sociétés modernes et médiévales. Ces groupements sont interdits par la loi Le Chapelier de 1791 et subissent une répression opiniâtre lors de la première révolution industrielle. Mais en 1864, la loi Ollivier abolit le délit de coalition et autorise de fait le droit de grève. Les syndicats ne sont cependant légalisés qu’en 1884 avec la loi Waldeck-Rousseau, qui comporte encore plusieurs restrictions. En particulier, le syndicalisme fut interdit dans la fonction publique. D’un point de vue légal, cette situation perdura jusqu’à la Libération. Toutefois le SNI fut fondé en 1920.

Des syndicats patronaux se créent sur cet exemple. Dès lors, le syndicalisme tend à embrasser l’ensemble de la société du travail et affiche des objectifs politiques : la CGT est créée en 1895, au congrès de Limoges. Le syndicalisme français, dit d’action directe, est caractérisé par ses velléités révolutionnaires et d’indépendance vis-à-vis des partis politiques. Ces principes sont affirmés lors du congrès de la CGT d’Amiens en 1906 (charte d’Amiens).

Après la Grande Guerre, une partie du syndicalisme se rallie aux idées socialistes puis communistes, alors qu’une minorité s’oriente vers le réformisme. Ainsi la CFTC, de tradition chrétienne européenne, créée en 1919, apporte une réponse en contrepoids de la tradition marxiste.

Lors du Régime de Vichy la conception corporatiste de l’organisation du travail est mise en avant et divise le monde syndical. Un dirigeant de la CGT, René Belin devient ministre de la Production industrielle et du Travail du maréchal Pétain en juillet 1940. Dans les années 1940 est créée la CGC, syndicat sectoriel composé d’une multitude de syndicats professionnels locaux (d’ingénieurs essentiellement – mines, ponts, métallurgie, électricité…). La promulgation en 1941 de la charte du Travail organise la dissolution des organisations syndicales existantes et la création de syndicats uniques par corporation. La majeure partie des syndicalistes s’organisent alors clandestinement.

Les libertés syndicales sont rétablies par une loi du 27 juillet 1944 et les confédérations dissoutes sont recréées. En 1948, un courant sécessionniste de la CGT, réformiste et opposé à la domination du Parti communiste français sur la CGT, crée la CGT-FO. En 1964, la CFTC réunit un congrès extraordinaire. Il s’agit de faire entériner par les militants la proposition de la direction confédérale d’abandonner les références sociales chrétiennes et de changer le nom de leur organisation. Environ 75 % des délégués se prononcent en faveur de cette « évolution ». La CFTC devient donc CFDT (Confédération française démocratique du travail). Toutefois, une minorité de militants estimant qu’il s’agit plutôt d’une « rupture » décide de « maintenir » la CFTC. On parle souvent, à propos de la naissance de la CFDT, de « déconfessionnalisation de la CFTC1 ».

En 1992, le mouvement « autonome », comportant principalement des syndicats qui, en 1947, avaient refusé de choisir entre la CGT et FO, s’organise dans l’UNSA.

Les grandes organisations sont confédérées par rassemblement de fédérations syndicales qui regroupent elles tous les syndicats d’une même profession, et d’unions interprofessionnelles locales qui regroupent tous les syndicats d’une ville, d’un département ou d’une région, souvent autour de la Bourse du travail. Il ne faut donc pas confondre syndicat (par exemple le syndicat des charpentiers de la Seine) et organisation syndicale (par exemple la CGT, ou la CFDT).

Si, aujourd’hui, les grandes organisations syndicales sont moins puissantes, les syndicats sont encore présents dans la réalité du travail, même s’ils ont perdu une grande partie de leur assise tertiaire depuis les années 1970.

Représentativité

Les résultats obtenus aux élections professionnelles (63,8 % en moyenne en France lorsqu’elles sont organisées) sont un baromètre de représentativité institué par la loi du 20 août 2008. Pour les salariés des TPE (moins de 10 salariés) qui n’élisent pas de représentants du personnel, une élection de représentativité pourrait être organisée au niveau régional et sur sigle, selon un projet de loi qui devrait être examiné en 2011.

Le taux de syndicalisation est le quotient du nombre de salariés adhérents à un syndicat par l’effectif total des salariés. Le calcul du taux est basé sur des données d’enquête ou à défaut sur des données administratives. Comme pour les partis politiques français, ce taux est particulièrement faible en France en comparaison avec les taux de syndicalisation des autres pays européens.

Alors que le taux de syndicalisation dans le secteur privé est à peine supérieur à 5 % (alors que les autres pays européens sont aux alentours de 30, voire 50 %), la France a un paysage syndical divisé, constitué de cinq confédérations qui bénéficiaient d’une présomption irréfragable de représentativité jusqu’à la loi du 20 août 2008 (CGT, CFDT, Force ouvrière, CFTC et CFE-CGC) ainsi que les trois autres principales organisations non représentatives de droit (l’UNSA, la FSU et l’Union syndicale Solidaires dont font partie entre autres les « SUD »).

Le fort taux de syndicalisation dans certains pays est dû à des mesures incitatives : par exemple, les bénéfices d’un accord signé par un syndicat peuvent être réservés aux adhérents de ce syndicat. D’après le ministère du Travail, 8 % des travailleurs français sont syndiqués en 2003.
D’après une étude du même ministère sur la syndicalisation (DARES, octobre 2004), le taux de syndicalisation dans les entreprises de moins de 50 salariés est de 3,5 % (contre 5,2 % dans le secteur privé) ; il n’est que de 2,4 % chez les salariés en CDD ou en intérim (contre 9,5 % chez les salariés en contrat à durée indéterminée et à temps complet).

Selon un sondage TNS Sofres de décembre 2005, les causes de non syndicalisation sont :

  • pour 38 %, le sentiment que les syndicats ne comprennent pas leur problème ;
  • pour 36 %, la peur de représailles de leur direction ;
  • pour 34 %, la division syndicale (80 % des sondés estimant qu’il y a trop d’organisations syndicales différentes en France).

Selon une étude de 2010, les délégués syndicaux sont payés environ 10 % de moins que le reste des salariés, en raison d’une discrimination de la part des patrons.

Le syndicalisme en Europe

Les années 1880 ont marqué la naissance du syndicalisme en Europe. En France, c’est la loi Waldeck-Rousseau de 1884 qui a autorisé la création de syndicats.

Cet article est un extrait de la page Wikipédia sur le Syndicalisme : http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndicalisme

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