DECLARATION C.G.T. AU COMITE GROUPE DU 19 JUIN 2012

DECLARATION C.G.T.

AU COMITE GROUPE

DU 19 JUIN 2012

Depuis des années la C.G.T. des sociétés du Groupe SAFRAN se bat pour que soit menée une véritable politique industrielle créatrice d’emplois et de progrès social. Dans nos entreprises, des restructurations ont eu lieu visant, pour l’essentiel, à faire remonter la profitabilité du Groupe en regard de la Bourse : sous le prétexte d’un « recentrage sur le cœur du métier », ce sont délocalisations, externalisation des charges, achat de sociétés externes rapidement profitables, conduisant à la création de la valeur pour l’actionnaire. Il s’agit bien d’une politique de financiarisation du Groupe.

Cette politique que nous retrouvons dans la plupart des groupes du CAC40, qui s’accompagne d’une pression sur les salaires, contribue puissamment à la crise sociale et financière que connaissent la France et l’Europe. Tant que la Direction du Groupe SAFRAN se refusera à changer de logique, nos sites, nos sociétés, notre Groupe, nos bassins d’emploi, notre filière, seront fragilisés.

Face à une logique essentiellement tournée vers une maximisation du profit, la question qui est posée est bien : comment, dans ces conditions, remettre au centre de l’Entreprise, et de manière durable, une véritable politique industrielle basée sur des produits et des services utiles et un partage des fruits de leur travail et de la richesse créée pour tous ?

Souvent, les salariés de nos Sociétés sont amenés à constater le transfert des savoirs, des compétences et de l’expérience, fruit de plusieurs générations, dans des Entreprises à bas coût social par simple logique de dumping social. Les Salariés constatent aussi l’insuffisance des investissements dans de nombreux sites de l’hexagone, notamment dans les capacités de productions, et également un manque de formation et d’embauche.

Les changements qui viennent de s’opérer à la tête de l’Etat et qui se sont accompagnés d’engagements importants sont l’expression d’une forte aspiration sociale dans laquelle se reconnaissent les salariés du Groupe. Ce nouveau contexte doit se traduire par des décisions nouvelles de la Direction du Groupe, propres à changer le quotidien des salariés, à donner confiance aux jeunes dans leur avenir, notamment dans les bassins d’emplois qui connaissent une grave situation de chômage. La politique d’embauche doit sortir de la vision restrictive actuelle et viser toutes les catégories de salariés

Le développement industriel, de la recherche à la production en passant par les services, est une priorité pour notre Organisation Syndicale qui a décidé de s’investir dans une campagne 2012 pour le développement du Groupe SAFRAN avec une réelle industrialisation.

En ce sens, les actions de la C.G.T. reposent sur 5 priorités :

  • Notre première priorité est l’avenir des Hommes et des Femmes qui travaillent dans le Groupe SAFRAN et ceux qui sont appelés à y travailler. L’augmentation des salaires et la reconnaissance des qualifications sont des exigences incontournables. Face au défi de renouvellement de génération lié aux départs massifs en retraite, il faut une politique ambitieuse en termes d’embauches et de formation professionnelle. Il s’agit de pérenniser les capacités, les compétences, les savoir faire. C’est aussi le moyen de permettre le départ en retraite anticipée de centaines de salariés usés par des métiers pénibles.

  • Notre seconde priorité va à la recherche et développement. L’objectif de consacrer 10% du C.A. de chaque activité du Groupe doit se concrétiser. Les financements qui comportent des obligations sociales doivent donner lieu à des engagements précis de l’Entreprise, et ces engagements doivent être respectés.

  • Notre troisième priorité va à la modernisation et le développement pérenne des sites existant en France. Le carnet de commandes de toutes les branches est rempli et assuré pour les années à venir avec des charges de travail conséquentes et ce durablement dans le Groupe SAFRAN que ce soit pour les moteurs, la sécurité, les équipements, l’Avionique, la Défense et le Spatial. Malgré ce plan de charge assuré, la direction de SAFRAN a décidé de ne pas relever le niveau des effectifs France mais de poursuivre la délocalisation de production et de les éloigner encore plus des bureaux d’études. Ce modèle d’industrialisation nourrit la crise en exacerbant les problèmes et les difficultés, notamment pour la réussite dans le développement de nos produits, le taux de faisabilité et de non qualité. Face aux objectifs affichés par la Direction SAFRAN, la C.G.T. compte bien mettre ses forces au service de tous les salariés pour agir et amener par l’action la Direction SAFRAN, visiblement trop inspirée par le MEDEF, à revoir ses objectifs. La C.G.T. comprend que les activités de SAFRAN se mènent au niveau international, que des contrats commerciaux puissent comporter des réciprocités sous forme d’implantation d’activités dans des pays clients. Mais la Direction SAFRAN exploite cette réalité pour délocaliser bien au-delà de ces « obligations » commerciales. Il faut abandonner les logiques de dumping social pour leurs substituer de véritables logiques de co-développement où tout le monde y gagne.

  • Notre quatrième priorité est de faire avancer les droits d’intervention des Salariés et que les propositions qui sont faites par les salariés, leurs organisations syndicales, notamment par le biais des Institutions Représentatives du Personnel, soient écoutées, entendues et étudiées. Développement industriel, démocratie sociale et territoriale doivent aller de pair. Nous demandons, entre autre, le rétablissement de représentants des salariés, élus par l’ensemble des salariés, à la proportionnelle, dans le Conseil d’Administration du Groupe SAFRAN

  • Notre cinquième priorité : la financiarisation. Notre filière est-elle compatible avec les taux de rentabilité à deux chiffres exigés ces derniers temps par les marchés financiers, lorsque tant de besoins sociaux et industriels demandent à être satisfaits et que la plupart des activités SAFRAN connaissent un retour sur investissement à grande période ? Nous disons NON.

Conclusion : Un véritable changement passe par la création d’emplois, l’augmentation des salaires, la reconnaissance et la revalorisation du travail, de son contenu et de sa finalité, un haut niveau de protection sociale et une véritable politique industrielle.

Version du document au format PDF.

Publicités
Galerie | Cet article a été publié dans Analyse, Communiqué. Ajoutez ce permalien à vos favoris.