Les bonnes raisons de rejoindre la CGT

Le 25 janvier 2012

Les bonnes raisons
de rejoindre la CGT

des Ingénieurs, Cadres et Techniciens

Deux plans d’austérité se sont succèdes en 2011et rien n’y fait : Ce que le prix Nobel d’économie américain Stiglitz affirmait être une ineptie économique menant irrémédiablement à la récession est bien en train de se vérifier. Nous y sommes depuis janvier et les licenciements, fermetures d’entreprises et autres délocalisations se multiplient. Tout indique que cette voie mène dans le mur, mais rien ne change, au contraire les tenants du système accélèrent le mouvement !

Ne nous y trompons pas : Le « déclassement » de la France et d’autres pays en Europe par l’agence de notation S&P participe à cette mise en condition. Coûte que coûte il faudrait accepter de nouveaux sacrifices sociaux, de nouvelles coupes claires dans notre industrie déjà fragilisée…

Le système est incapable de trouver par lui-même des solutions autres que l’accentuation des causes qui génèrent sa propre crise. Un seul critère serait à préserver : Le maintien de la profitabilité et l’emprise des marchés financiers sur la vie économique et sociale. Le « sommet social » du 18 janvier fut simplement le prolongement d’une même démarche : Baisser les salaires et les statuts sociaux, flexibiliser l’emploi.

Le syndicat constitue un rempart contre ces excès car il défend l’intérêt des salariés. Beaucoup attendent du changement lors de la présidentielle d’avril / mai 2012. Mais les gagnants du système ne se laisseront pas faire.

Le futur président sera sollicité par les revendications des salariés et des patrons, les décisions seront favorables aux plus convaincants et aux plus mobilisés. Face aux détenteurs des intérêts financiers, à nous d’exprimer haut et fort nos demandes pour être vraiment entendus, avant et après le 6 mai !

Le hiatus qui fait tâche !

L’agence Euro RSCG&O vient en effet de communiquer les résultats du CAC40 évalués sur les 5 dernières années. Les chiffres ci-dessous se passent de commentaires, tant ils expriment la profondeur du fossé entre le vécu des salariés à qui on promet encore plus d’austérité et de sacrifices et les gains engrangés par les actionnaires.

Entre 2006 et 2011, le cash low des groupes du CAC40 s’est accru de 22%, leur marge opérationnelle (rentabilité) a gagner 13%.

Où va cet argent ?

En dividendes et rachats d’actions, la part revenant aux actionnaires a progressé de 31%. La hausse des salaires des patrons du CAC40 s’élève à 34% sur la même période.

A l’inverse, les salaires dans ces entreprises n’ont progressé que de 13% et la précarisation de l’emploi y atteint jusqu’à 30% des effectifs.

Ca va mal, on continue !

Au titre de 2011, sur un total de 86 milliards de profits, 37,5 milliards seront distribués en dividendes. Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin, en 2012 le CAC40 prévoit de distribuer 42 milliards. Le résultat de cette logique de redistribution massive aux actionnaires s’affiche aussi en termes de régression de l’emploi : 1,2 millions de chômeurs supplémentaires depuis 2007. Quant à la simple mesure d’exonération des heures supplémentaires, elle coûte l’équivalent de 400.000 emplois temps plein.

La dévalorisation du travail engendre la crise.

La course vers toujours plus de sacrifices pour les salariés est exactement la voie inverse de celle qu’il faut ouvrir d’urgence pour sortir de la crise. Il s’agit bien de remettre l’humain, le salarié au cœur du développement économique. Au lieu de parler de « coût » du travail, parlons de son juste prix, c’est-à-dire des dépenses à assumer pour le logement, la reconnaissance des qualifications, des carrières et de l’expérience, la dépense de l’éducation des enfants, les dépenses incompressibles, la protection sociale…

Refusons ce langage faussé qui transforme les cotisations patronales en « charges » patronales, alors qu’elles sont le vecteur d’une meilleure redistribution des richesses.

Le salaire n’est pas un coût mais un dû, le prix du travail et de sa qualification mise en œuvre. Nous ne sommes pas un coût, nous créons les richesses de l’entreprise. Par contre, il est temps de s’interroger sur le coût du capital et les conséquences dramatiques qu’il génère pour l’économie réelle et l’investissement, les salariés et leurs familles. C’est là le véritable coût qu’il faut réduire.

Notre formation, nos conditions de travail, notre protection sociale ne sont pas des obstacles mais des atouts nécessaires pour être efficaces et donc réellement compétitifs.

Au même titre, ce n’est pas de plus d’isolement individualiste dans l’entreprise dont nous avons besoin, c’est au contraire de plus de coopération, d’échanges et de travail d’équipe. La mise en concurrence dans l’entreprise ou entre entreprises est réductrice, tandis que la coopération est facteur de progrès mutuellement avantageux. Partout, nous sommes confrontés à ces contradictions, dans tous les rapports constitutifs de l’acte de travail, qu’ils soient hiérarchiques ou subordonnés. Partout, nous sommes confrontés au déni de reconnaissance, à la sensation de plus en plus partagée que notre travail nous échappe, jusqu’à son contenu d’utilité, sa qualité, son devenir pour la société.

L’efficacité de notre travail est en jeu

Il est révélateur que des DRH des entreprises du CAC40 en arrivent à poser récemment la nature de cet enjeu de l’efficacité du travail et comment le relever. Le nouveau DRH de France-Télécoms, B. Mettling a pointé, dans un article des Echos, les mécanismes qui ont altéré les relations entre l’entreprise et les salariés : les rachats d’actions par l’utilisation abusive du cash flow au service des actionnaires et au détriment des investissements industriels, l’extravagance des revenus des dirigeants, les placements financiers juteux… Rejoignant étonnamment ce que l’UGICT-CGT réclame dans sa charte alternative, il écrit : « Il faut prendre en compte la performance du collectif de travail pour contrebalancer l’évaluation de la seule performance individuelle, s’agissant de l’organisation du travail, il faut permettre l’instauration de temps et d’espaces pour retrouver une place, un rôle dans la vie au travail ». Il s’agit là d’un signe révélateur qui montre que les laudateurs du système ne font plus flores !

C’est le moment pour vous de nous rejoindre.

Pour les salariés, l’heure est venue de relever la tête et de travailler ensemble à l’élaboration de propositions vraiment alternatives et novatrices qui replacent le travail et sa reconnaissance au cœur des solutions de sortie de crise.

En vous syndiquant à la CGT des ingénieurs, cadres et techniciens vous prenez toute votre place dans une organisation qui vous donne la parole, qui vous aide à prendre votre avenir en main.

Vous participez ainsi à renforcer la qualité des propositions alternatives que la CGT soumet au débat pour :

• Un autre partage des richesses qui associe efficacité du travail et progrès social.

• Une réappropriation du sens du travail et de la finalité de l’entreprise.

• Un management qui favorise la reconnaissance et l’épanouissement de chacun et réhabilite les collectifs de travail.

• La revalorisation des salaires sur la base d’un SMIC à 1700€ et sur une échelle hiérarchique de 1 à 5.

• Un encadrement des forfaits-jours qui renoue le lien salaire-temps de travail-qualifications.

• Le développement des investissements industriels et l’innovation créateurs d’emplois qualifiés et bien payés.

VOUS AVEZ TOUTES LES RAISONS DE REJOINGRE LA CGT DES INGENIEURS, CADRES ET TECHNICIENS.

NE LAISSONS PAS D’AUTRES DECIDER A NOTRE PLACE !

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